
L'impact sanitaire de la pollution se voit après plusieurs décennies. La dernière étude en date de la Direction générale de la santé montrait qu'en 2003 près de 5 millions de Français étaient alimentés par une eau douteuse. Conséquence? des factures d'eau de plus en plus salées, coût du traitement oblige et, des risques sanitaires de plus en plus inquiétants. La pollution des nappes phréatiques, des rivières et de l'eau potable vient avant tout de notre surconsommation de produits chimiques pour l'agriculture. La France est en effet le deuxième utilisateur mondial de pesticides ( 80000 tonnes en 2005).Ces cochonneries, absorbées par la terre, se retrouvent aujourd'hui au robinet. Car ces produits mettent plusieurs décennies à disparaître.. Bien sur, dans l'eau potable, il n'en reste que des traces, qui ne provoquent pas d'effets immédiats sur la santé. Mais, à long terme, le risque est réel. Les chercheurs soupçonnent ces substances d'être à l'origine de cancers du colon, de l'estomac, du tube digestif, ou encore d'affections neurodégénératives telles que l'Alzheimer. En Bretagne : après plusieurs décennies de pollution aux nitrates en raison des élevages porcins, on dénombre aujourd'hui un taux de cancers de l'estomac et des voies digestives presque 2 fois supérieur à la moyenne nationale, selon un rapport de l'Institut national du cancer de 2006...
Deux branchements sur cinq entre le réseau et les immeubles ne sont pas conformes aux normes sur le plomb applicables en 2013. Le Sénat a estimé le coût de leur mise en conformité à 750€ par foyer pour la participation à la rénovation du réseau collectif. A quoi il faut ajouter entre 1500€ et 15000€ par logement pour le changement de la tuyauterie intérieure, dont l'état varie considérablement d'un immeuble à l'autre. La dépollution des rivières et des lacs risque aussi de nous coûter bonbon : selon une étude du Muséum national d'histoire naturelle, seulement 25% des eaux de surface françaises seront conformes aux normes européennes que nous nous sommes engagés à atteindre en 2015.
Question posée à Mr François VEILLERETTE, Président du Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures et d'Action Citoyenne pour les alternatives aux pesticides. C'est à la fin de la Seconde Guerre mondiale que la France a basculé dans l'agriculture industrielle, grande consommatrice de pesticides. Notre pays est aujourd'hui le premier utilisateur européen de pesticides et le troisième au monde. Une étude, publiée en 2006 par l'Institut français de l'environnement, montre que 96 % des cours d'eau français et 61 % des eaux souterraines contiennent au moins une molécule chimique. On retrouve ces substances, parfois cancérigènes ou suspectes de favoriser des maladies neurologiques, dans les eaux de pluie, la rosée et le brouillard, mais aussi dans nos assiettes. Ces molécules chimiques sont-elles réellement dangereuses ? Faut-il davantage réglementer leur utilisation en vertu du principe de précaution inscrit dans la constitution ? Les industriels peuvent-ils garantir scientifiquement l'innocuité des pesticides qu'ils commercialisent ? Réponse François Veillerette : Ces produits, loin d'être anodins, ont des caractéristiques intrinsèques souvent effrayantes. Parmi toutes les matières recensées en Europe, près d'une centaine sont des cancérigènes probables ou des neurotoxiques, une cinquantaine des perturbateurs du système hormonal. Les évaluations réalisées ne garantissent pas l'innocuité totale. L'épidémiologie montre que les populations exposées aux pesticides sont plus souvent atteintes par des maladies comme les cancers et par des maladies neurologiques et neurodégénératives du type Parkinston ou Alzheimer, et souffrent de pathologies liées à des déficiences du système immunitaire. On ne prend pas non plus en compte la synergie entre les produits. Des molécules individuellement inoffensives pour des insectes, par exemple sont des bombes quand leurs effets se croisent. Pour réduire le risque lié aux pesticides, il faudrait, d'une part, réduire la toxicité de ces produits et, d'autre part, réduire leur utilisation afin de diminuer l'exposition générale des populations. Rappelons que le mot pesticide signifie étymologiquement TUER DES RAVAGEURS. Tous ces produits se terminent en "CIDE" c'est-à-dire qu'ils sont tous conçus pour TUER des ETRES VIVANTS. Propos recueillis par Eric Tariant.
Pour avoir distribué une eau polluée et " oublié " d'en informer les consommateurs, un syndicat intercommunal est condamné à rembourser plusieurs familles d'abonnés. De 1999 à 2002, les femmes enceintes et les enfants ont bu une eau contenant 3 fois trop de pesticides sans le savoir
Le glyphosate pollue désormais les nappes souterraines. Présenté comme un désherbant anodin, ce pesticide utilisé à grande échelle est en passe de devenir le problème numéro 1 en matière de contamination de la ressource en eau des pesticides. On savait qu'il dégradait l'eau des rivières. Il est même devenu le principal polluant des eaux bretonnes avec son métabolite, l'Ampa. Ils sont détectés dans plus des 2/3 des prélèvements à des concentrations souvent élevées. Même chose dans le bassin Rhin Meuse où il se trouve dans plus de 70% des analyses des cours d'eau. Mais la région Centre vient de prouver qu'il pollue aussi les nappes phréatique. Le glyphosate a fait son entrée en 2002. Il se retrouve désormais systématiquement dans les rivières mais désormais aussi dans les eaux souterraines, où 20% des prélèvements l'ont mis en évidence.
L'agriculture exerce une influence majeure sur la qualité de la ressource en eau et sa préservation. La responsabilité d'une certaine forme d'agriculture dans l'aggravation de la pollution de l'eau ne cesse d'être démontrée. Les monocultures, la surfertilisation des sols accompagnée de traitements chimiques pour multiplier les récoltes, le suréquipement, l'élevage intensif, la surproduction animale par engraissement rapide, l'élevage industriel dit "hors-sol", l'épandage de quantités de lisier, le stockage de produits sans protection adéquate et d'autres pratiques agricoles continuent à perpétrer la pollution des terrains et de là des nappes et des rivières. Principaux polluants incriminés : les nitrates et les pesticides (atrazine, simazine...). La consommation d'engrais chimiques n'a cessé d'augmenter depuis les années 80, de même que celles des pesticides utilisés au contraire pour détruire les végétations indésirables (les mauvaises herbes, notamment). Le récent rapport du Commissariat général au Plan déplore l'insuffisance des mesures pour stopper la polution de l'eau, l'absence d'une véritable police de l'eau et le caractère incontrôlable (ou difficilement contrôlable) des mesures imposées, notamment pour la lutte contre les pollutions diffuses. Si dans certaines régions on constate l'amélioration des eaux dites "de surface", consécutive à l'amélioration de l'assainissement, la qualité des eaux souterraines se détériore : les nappes regorgent aujourd'hui de polluants dont les champs ont été nourris il y a dix, vingt, trente ans, en fonction du temps de transfert vers les nappes phréatiques.
Les réseaux de distribution représentent en France métropolitaine 800 000 Km de conduites, qui délivrent 5,6 milliards de m3 d'eau, dont 4 milliards seulement sont facturés : les fuites et les volumes non comptés (l'eau utilisée pour la lutte contre l'incendie, les eaux de lavage du domaine public, etc.) représentent donc plus de 28% de l'eau distribuée ! L'Assemblée Générale des canalisateurs de France à dénoncé, en mai 1999, l'état alarmant de nos réseaux d'eau potable. Les pertes par fuites varieraient de 15 à 30 % selon les réseaux. Le chlore déversé en abondance dans l'eau développe, en rencontrant des matières organiques (d'autant plus nombreuses que les réseaux ne sont pas nettoyés !) des éléments organochlorés, réputés cancérigènes. L'eau acheminée par des réseaux nettoyés ne nécessiterait pas une telle désinfection ! Les tuyaux non étanches occasionnent peu de risques lorsque l'eau s'écoule, mais dès lors que la pression est insuffisante, les tuyaux sont envahis par des éléments extérieurs.
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